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TITRE |
Le Roman
d’un mousse |
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REALISATEUR |
Léonce
Perret |
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ANNEE |
1914 |
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DUREE |
93 min |
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PRODUCTEUR |
Gaumont |
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GENERIQUE |
Interprètes : Adrien Petit (l’enfant), Maurice Luguet
(l’usurier), Louis Leubas (ler marquis), Armand Numès (le
président de la cour d’assises), , Paul Manson (le juge
d’instruction), De Rigal (le procureur de la République),
Angèle Lérida (la comtesse) |
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EXPLOITATION |
Ressortie en salles en 1916 sous forme de films à épisodes |
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LOCALISATION DES
ARCHIVES |
Film :
AFF, Cinémathèque royale de Belgique, BFI
Photographies de plateau et programmes au département des
Arts du spectacle de la BnF et au musée Gaumont |
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COPIE VHS / DVD |
aucune |
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RESUME GENERAL |
Le
marquis de Luscky, aventurier ruiné, doit se refaire pour
régler ses dettes à l’usurier Elie Werb. Il parvient à
séduire la comtesse de Ker Armor, jeune veuve richissime.
Werb pousse Luscky à la demander en mariage.
Les deux
complices concluent un pacte pour liquider la veuve et son
jeune fils. Luscky entraîne la comtesse en voyage, confiant
le jeune Charles à Werb qui se fait passer pour précepteur.
L’enfant se prend d’affection pour l’homme, qui l’emmène en
Bretagne. Werb le drogue et le confie à un complice
capitaine de marine. Charles se réveille en haute mer,
simple mousse. En compagnie d’un vieux marin, il finit par
s’enfuir sur une coquille de noix, doit affronter une
tempête, mais atteindra sain et sauf au port du Havre.
Le
marquis ayant été malencontreusement victime du poison qu’il
destinait à sa femme, celle-ci se trouve accusée du crime.
Mais son jeune fils surgit en pleine audience d’assises pour
faire éclater la vérité et confondre Werb. Celui-ci se tue
lors de la perquisition chez lui. La mère et l’enfant se
retrouvent unis. |
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IMAGES DE LA
JUSTICE |
Le Roman d’un
mousse
constitue un nouvel avatar cinématographique du « roman de la
victime », dont le modèle serait Roger-la-Honte de Jules
Mary (et plus lointainement Le Comte de Monte-Cristo). Un
pacte d’intérêt entre des personnages sans scrupule anéantit le
bonheur d’êtres innocents. Le héros passe très près de sa perte
et, au moment où sa disparition paraît assurée, ressurgit d’entre
les morts pour réclamer justice.
L’instance
judiciaire joue le rôle de grande réparatrice non seulement de
l’erreur qu’elle a commise envers la mère, mais de l’ensemble du
complot. Le dernier quart du film se déroule essentiellement sur
le terrain judiciaire. Le juge d’instruction, implacable sans
être impitoyable, annonce à la marquise son inculpation sur la
base d’une expertise du corps de son mari. L’audience en assises
se déroule dans un cadre qui paraît authentique. De remarquables
plans d’ensemble en plongée, pris de l’entrée de la salle de
tribunal, organisent une scénographie : le public serré et agité
de remous (car le procès défraie la chronique des journaux) reste
en retrait derrière une barrière, à distance des magistrats qui
se trouvent ainsi mis en valeur.
L’accusation
suprême du procureur (« Qui nous prouve que cette femme n’est pas
aussi responsable de la disparition de son enfant ? ») conduit le
jeune Charles à manifester soudain sa présence. Il est hissé à
bout de bras par le public, conduit dans une bousculade à travers
la salle, jusqu’à hauteur du box de l’accusée. Le président
décrète « en vertu de [s]es pouvoirs discrétionnaires », une
suspension d’audience pour permettre au juge d’auditionner Werb
mis en cause ! Le juge reprend son instruction en
perquisitionnant chez Werb. Une fois la preuve faite de la
culpabilité de celui-ci, l’audience reprend, la marquise est
libérée.
Ainsi
l’erreur judiciaire, comme chez Jules Mary, apparaît-elle comme
la conséquence d’une manipulation habile des apparences, non
comme une quelconque forme de mise en cause de l’institution. Les
organes judiciaires se montrent au contraire prompts à rétablir
l’innocent et la victime dans leur bon droit, ce qui légitime
a posteriori leur solennisation par l’image. |
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Fiche réalisée
par
Alain Carou |
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