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TITRE Les Rocquevillard
REALISATEUR Jean Dréville
ANNEE 1943
DUREE 95’
PRODUCTEUR Sirius
GENERIQUE

Sc. et dial. : Jean Dréville et Charles Exbrayat, d’après le roman d’Henry Bordeaux, avec Charles Vanel (Me François Roquevillard), Jacques Varennes (Me Frasne), Aimé Clariond (Me Bastard), Jean Paqui (Maurice Roquevillard), Mila Parély (Edith Frasne), Fernand Charpin (Antonio Siccardi), Yolande Laffon (Valentine Roquevillard), Simone Valère (Jeanne Sassenage), Jacques Grétillat (Me Porterieux), Gabrielle Fontan (Pierrette Fauchois), Jean Brochard (Philippeaux), Jean Périer (Me Hamel), Louis Seigner (le procureur général).

EXPLOITATION  
LOCALISATION DES ARCHIVES
COPIE VHS / DVD VHS (Editions Montparnasse)
RESUME GENERAL

Dans les années 1880, la famille Roquevillard impose le respect à toute la région de Chambéry. Mais Maurice Roquevillard abandonne le foyer paternel pour partir avec Edith Frasne, épouse du notaire Frasne qui l’emploie comme clerc et à qui elle dérobe les deux cents mille francs de sa dot… Frasne saisit l’occasion pour se venger des Roquevillard, dont il a toujours envié l’éclat : il porte plainte contre Maurice, qui n’apprend qu’un an plus tard le vol de la somme et revient parmi les siens pour se constituer prisonnier. Comme il refuse de divulguer à l’audience le nom de sa maîtresse, son père, Me François Roquevillard, prend la parole à l’avocat qui est censé le défendre, et emporte l’acquittement en évoquant la dignité de leur lignée. Les Roquevillard se sont vus contraints de vendre leur propriété à Frasne en personne, pour effacer la dette de Maurice ; mais ils peuvent de nouveau traverser Chambéry la tête haute.

IMAGES DE LA JUSTICE

Adapter en 1943 ce roman d’Henry Bordeaux, cela répondait plus ou moins consciemment chez Jean Dréville à un certain air du temps : à travers la dynastie bourgeoise des Roquevillard, communiant dans un culte barrésien de la terre et des morts, se resserrant dans l’épreuve autour de valeurs ancestrales, c’est toute la morale familiale du pétainisme qui se donne en spectacle… Dans ce registre (assez proche de celui qu’inaugurait un an plus tôt Monsieur des Lourdines, de Pierre de Hérain), la famille et la patrie donnent sa forme au travail ; si l’avocat François Roquevillard est fils de bâtonnier, on peut moins parler d’un “corporatisme“ que d’un réseau d’amitiés autour de sa lignée - qu’il s’agisse de sa vieille domestique, dont la solidarité avec sa fille condamnée préfigure celle du patriarche, ou des figures familières du Palais de justice : c’est le vieux bâtonnier qui vient assurer son confrère de son soutien ; c’est le procureur général qui cherche en vain à empêcher le procès ; c’est le président du tribunal, prompt à laisser le père plaider pour son fils… A cette éthique du bon voisinage, seuls s’opposent l’avocat de la partie civile, usurpant le discours du sursaut moral, et surtout l’avocat de la défense, paon dilettante et mondain, plaidant la cause du libertinage là où l’honneur d’un nom attend d’être réhabilité. Aussi bien, c’est sur ce terrain que va camper tout entier le père redevenu avocat - transcendant les enjeux juridiques ou idéologiques pour s’exprimer sous le signe de la croix, et d’une haute ascendance d’ancêtres terriens et travailleurs… Ces Roquevillard offrent ainsi le versant bien-pensant des Inconnus dans la maison : le “procès d’une génération“ n’y sert plus à remettre en cause un ordre social, mais à le restaurer.

Fiche réalisée par Noël Herpe


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