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GENERIQUE |
Dir. de
production : Georges Charlot et Jean Mottet
Scénario :
José Giovanni, Jean Aurel et Jacques Becker d’après le roman
de José Giovanni
Dialogues :
José Giovanni et Jacques Becker
Dir. de la
photographie : Ghislain Cloquet
Décors :
Rino Mondellini
Musique :
Jean Wiener
Montage :
Marguerite Houllé-Renoir, Geneviève Vaury
Interprétation :
Jean Keraudy (Roland Darban), Marc Michel (Claude Gaspard),
Philippe Leroy-Beaulieu (Manu), Michel Constantin (Géo
Cassid), Raymond Meunier (Monseigneur), André Bervil (le
directeur), Paul Préboist (un gardien), Jean Becker (un
gardien). |
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RESUME GENERAL |
Un jeune homme de bonne
famille accusé d’avoir tué sa femme, Claude Gaspard, est
transféré dans une nouvelle cellule de la prison de la Santé
en raison de travaux dans son ancien quartier. Il y découvre
un groupe de quatre hommes, comme lui en détention
préventive, qui préparent une évasion. « Affranchi » par ses
nouveaux camarades, Claude Gaspard se joint à eux et
participe au creusement du tunnel sous la prison. Il noue
des liens d’amitiés avec ses co-détenus. La veille de
l’évasion, Gaspard, convoqué par le directeur, apprend qu’il
va être libéré car sa femme a retiré sa plainte. Il trahit
ses camarades qui sont emmenés au cachot tandis qu’il se
dirige vers la sortie. |
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IMAGES DE LA
JUSTICE |
Entièrement
tourné dans une prison reconstituée en studios,
l’administration pénitentiaire n’ayant pas donné son accord
à l’utilisation de ses locaux, ce film qui décrit par le
menu les préparatifs d’une évasion qui eut réellement lieu à
Paris en 1947 est aussi l’occasion d’une peinture minutieuse
du monde carcéral. José Giovanni, scénariste du film et
ancien condamné à mort, y retrace ses années de détention et
de partage d’une cellule exiguë prévue pour deux mais où
cinq personnes cohabitent sur des matelas jetés à-même le
sol.
A l’exception du
cachot dont on parle mais qu’on ne voit jamais, le Trou
décline l’ensemble des lieux qui constituent l’univers
carcéral : le prétoire, la cellule, la promenade, le
parloir, l’infirmerie, le bureau du directeur. Ces lieux
sont également le théâtre d’événements minuscules qui
scandent la monotonie des jours : le travail en cellule (les
cinq détenus se portent volontaires pour fabriquer des
boîtes en carton), l’arrivée des colis, le « cantinage »
entendu au sens étymologique du terme puisqu’il s’agit pour
les détenus d’acheter au prix fort des plats qui améliorent
l’ordinaire, la visite d’un membre de la famille, etc.
En marge de la
tentative d’évasion des cinq détenus, Jacques Becker et José
Giovanni ont donc choisi d’insister sur ce quotidien de la
prison, sans occulter les questions plus difficiles dont
l’audace n’est pas sans étonner si l’on considère que le
film fut tourné en 1959 : Géo, incarné par Michel
Constantin, interroge d’emblée Gaspard, qui vient de
l’extérieur, sur ses relations avec les femmes, et la
frustration sexuelle, masquée sous le terme « d’amour » est
bien présente dans les conversations des hommes, au point de
gêner certains des détenus. Pourtant, « y a pas de mal à
parler d’amour » lâche Geo. A l’infirmerie, « Monseigneur »
déclare au médecin : « jamais de femmes, mon vieux… Jamais
d’homme non plus »
Côté administration,
gardiens et directeur sont présentés sous des traits plutôt
débonnaires, remplissant avec rectitude leur devoir, et
cette fadeur fait saillir avec d’autant plus de relief la
communauté d’hommes profondément libres qu’incarnent
les cinq détenus du film. |