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TITRE Le Trou
REALISATEUR Jacques Becker
ANNEE 1960
DUREE 118 minutes
PRODUCTEUR Serge Silbermann (Play Art), Filmsonor (Paris), Titanus (Rome)
GENERIQUE

Dir. de production : Georges Charlot et Jean Mottet

Scénario : José Giovanni, Jean Aurel et Jacques Becker d’après le roman de José Giovanni

Dialogues : José Giovanni et Jacques Becker

Dir. de la photographie : Ghislain Cloquet

Décors : Rino Mondellini

Musique : Jean Wiener

Montage : Marguerite Houllé-Renoir, Geneviève Vaury

Interprétation : Jean Keraudy (Roland Darban), Marc Michel (Claude Gaspard), Philippe Leroy-Beaulieu (Manu), Michel Constantin (Géo Cassid), Raymond Meunier (Monseigneur), André Bervil (le directeur), Paul Préboist (un gardien), Jean Becker (un gardien).

EXPLOITATION  
LOCALISATION DES ARCHIVES

Scénario, synopsis, devis et plan de financement : Bibliothèque du Film, Paris (cote SCEN 2700 B825)

COPIE VHS / DVD Edition DVD : StudioCanal vidéo, 2003
RESUME GENERAL

Un jeune homme de bonne famille accusé d’avoir tué sa femme, Claude Gaspard, est transféré dans une nouvelle cellule de la prison de la Santé en raison de travaux dans son ancien quartier. Il y découvre un groupe de quatre hommes, comme lui en détention préventive, qui préparent une évasion. « Affranchi » par ses nouveaux camarades, Claude Gaspard se joint à eux et participe au creusement du tunnel sous la prison. Il noue des liens d’amitiés avec ses co-détenus. La veille de l’évasion, Gaspard, convoqué par le directeur, apprend qu’il va être libéré car sa femme a retiré sa plainte. Il trahit ses camarades qui sont emmenés au cachot tandis qu’il se dirige vers la sortie.

IMAGES DE LA JUSTICE

Entièrement tourné dans une prison reconstituée en studios, l’administration pénitentiaire n’ayant pas donné son accord à l’utilisation de ses locaux, ce film qui décrit par le menu les préparatifs d’une évasion qui eut réellement lieu à Paris en 1947 est aussi l’occasion d’une peinture minutieuse du monde carcéral. José Giovanni, scénariste du film et ancien condamné à mort, y retrace ses années de détention et de partage d’une cellule exiguë prévue pour deux mais où cinq personnes cohabitent sur des matelas jetés à-même le sol.

A l’exception du cachot dont on parle mais qu’on ne voit jamais, le Trou décline l’ensemble des lieux qui constituent l’univers carcéral : le prétoire, la cellule, la promenade, le parloir, l’infirmerie, le bureau du directeur. Ces lieux sont également le théâtre d’événements minuscules qui scandent la monotonie des jours : le travail en cellule (les cinq détenus se portent volontaires pour fabriquer des boîtes en carton), l’arrivée des colis, le « cantinage » entendu au sens étymologique du terme puisqu’il s’agit pour les détenus d’acheter au prix fort des plats qui améliorent l’ordinaire, la visite d’un membre de la famille, etc.

En marge de la tentative d’évasion des cinq détenus, Jacques Becker et José Giovanni ont donc choisi d’insister sur ce quotidien de la prison, sans occulter les questions plus difficiles dont l’audace n’est pas sans étonner si l’on considère que le film fut tourné en 1959 : Géo, incarné par Michel Constantin, interroge d’emblée Gaspard, qui vient de l’extérieur, sur ses relations avec les femmes, et la frustration sexuelle, masquée sous le terme « d’amour » est bien présente dans les conversations des hommes, au point de gêner certains des détenus. Pourtant, « y a pas de mal à parler d’amour » lâche Geo. A l’infirmerie, « Monseigneur » déclare au médecin : « jamais de femmes, mon vieux… Jamais d’homme non plus »

Côté administration, gardiens et directeur sont présentés sous des traits plutôt débonnaires, remplissant avec rectitude leur devoir, et cette fadeur fait saillir avec d’autant plus de relief la communauté d’hommes profondément libres qu’incarnent les cinq détenus du film.

  1. Fiche réalisée par Christophe Gauthier


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