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TITRE Le Coupable
REALISATEUR Raymond Bernard
ANNEE 1936
DUREE 106 mn
PRODUCTEUR Maurice Juven (Filmor)
GENERIQUE

Sc. et dial. : Bernard Zimmer, d’après le roman de François Coppée, avec Pierre Blanchar (Jérôme Lescuyer), Madeleine Ozeray (Thérèse Forgeat), Gilbert Gil (Jérôme Forgeat), Gabriel Signoret (Lescuyer), Marguerite Moréno (Mme Gaude), Suzet Maïs (Marie-Louise Gaude), Junie Astor (Louise Donadieu).

EXPLOITATION  
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COPIE VHS / DVD  
RESUME GENERAL

Elevé de manière stricte par son père, procureur à Caen, promis à un mariage riche et ingrat, le jeune Lecuyer “monte“ à Paris pour y faire son droit. Il s’y dévergonde et y fait la rencontre de la jolie Thérèse Forgeat, bientôt enceinte de lui. Pendant qu’il est au front, Thérèse se fait éconduire par le père Lécuyer qui lui fait croire que son fils a disparu. Le même père Lecuyer raconte à son fils, au cours d’une permission, que Thérèse a épousé un cousin à elle… Amer, le jeune homme épousera l’héritière et la carrière qu’on lui destine - cependant que Thérèse meurt, laissant leur fils entre les mains d’un compagnon brutal. Après une fugue, l’enfant est placé dans un pénitentier. A sa sortie, il est arrêté sur les lieux du meurtre d’un usurier dont il vient d’être complice. Avocat général à Paris, Lecuyer se voit amené à juger la faute de son propre fils ! Au cours des débats, il s’accuse et émeut toute l’audience au point que le jeune homme est acquitté. Débarrassé de sa femme et de son père (qui est mort en apprenant le scandale), le juge commencera une nouvelle vie auprès de son fils retrouvé.

IMAGES DE LA JUSTICE

Pour la seconde version de ce grand mélodrame judiciaire, Raymond Bernard et Bernard Zimmer ont choisi de déplacer le cadre historique - d’où un certain défaut de perspective : les mœurs rigoureuses d’un juge de province s’accomodent mal du modern style de ses intérieurs et des flonflons de 1910 ; à l’inverse, la mise en scène très “vieille France“ et bon enfant du procès (avec les rodomontades du vieil avocat, les fâcheries bon enfant du président, le témoignage grotesque d’un pseudo-savant, ou enfin les aveux mortifiés de Lecuyer) sentent fâcheusement leur François Coppée… Pierre Blanchar met la même emphase à proclamer sa culpabilité que bientôt à hurler son innocence, dans L’Affaire du courrier de Lyon de Claude Autant-Lara. Mais c’est précisément la bizarre résurgence de ce thème qui fait sens, aussi anachronique qu’elle puisse sembler dans le contexte des années trente… Ancien soldat de la Grande Guerre, Lecuyer apparaît ici comme la statue mort-vivante d’une justice qui ne croit plus en elle-même, qui poursuit une tâche répressive et paternaliste auprès d’enfants sacrifiés. La même année qu’Henri Decoin dans Abus de confiance (celle aussi du Front Populaire), Raymond Bernard contribue à réactualiser l’obsession du père absent et de la non-coïncidence des générations - mais en passant par le prétoire comme creuset de l’exorcisme collectif : par la voix de l’avocat général, c’est toute une génération qui exprime son échec historique et la faillite d’une loi morale héritée de l’autre avant-guerre.

Fiche réalisée par Noël Herpe


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