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TITRE Le Coupable
REALISATEUR André Antoine
ANNEE 1917
DUREE 81’
PRODUCTEUR SCAGL
GENERIQUE

Sc. : André Antoine, d’après le roman de François Coppée, avec Romuald Joubé (Chrétien Lescuyer), Zéphora Mosse (Perrinette), René Rocher (Chrétien Forgeat), Mona Gondré (Chrétien enfant), Hiéronimus (Grosse-Caisse), Jacques Grétillat (Prosper Aubry), Léon Bernard (Donadieu), Sylvie (Louise Rameau).

EXPLOITATION  
LOCALISATION DES ARCHIVES  
COPIE VHS / DVD VHS au Forum des Images.
RESUME GENERAL Au moment d’entamer son réquisitoire, l’avocat général Chrétien Lescuyer avoue qu’il est le père de l’inculpé, le jeune Chrétien Forgeat dont il raconte l’existence malheureuse : fils d’un magistrat normand autoritaire, Lescuyer a fait ses études de droit à Paris où il a eu une liaison avec la jeune Perrinette. Celle-ci tombe enceinte, mais Chrétien se voit obligé d’épouser l’héritière que lui destine son père. L’enfant sera élevé par le compagnon de Perrinette, livré à lui-même après la mort de sa mère et interné en maison de redressement. A sa sortie, il retrouve un camarade qui l’entraîne dans un vol de bijoux au théâtre du Châtelet. Ayant rencontré une mère seule et pauvre à qui il veut venir en aide, il tue un usurier pour lui voler une montre… C’est ainsi qu’il s’est retrouvé à la barre des accusés, où le rejoint son père. Ensemble ils partiront vers une vie nouvelle.
IMAGES DE LA JUSTICE

En adaptant ce “tube“ d’un répertoire naturaliste qui lui était cher, Antoine est allé dans le sens d’une certaine sobriété. D’abord, en modernisant légèrement l’action (le personnage de Chrétien Forgeat est censé naître en 1896, date de parution du roman de François Coppée) ; ensuite, en la situant dans des extérieurs parisiens qui donnent plus de vraisemblance à ce mélodrame de la “reconnaissance“. Le seul cadre un peu factice est celui de la cour d’assises, réduite dès le départ et pendant toute la durée des flash-backs (c’est-à-dire l’essentiel du film) à un cadre noir d’où se détache la figure emphatique et mortifiée de l’avocat général… Mais le réalisme du récit finit par l’emporter, et débouche lors de la péroraison sur un tableau enfin animé du procès - avec ses magistrats décontenancés, son public d’apaches fascinés ou de bourgeois réprobateurs, filmés avec une véritable fièvre documentaire. On regrette d’autant plus les démêlés avec la censure d’Antoine, qui ont abouti à la suppression des dernières scènes où était évoqué l’élargissement de l’assassin et son nouveau départ auprès de son père. Tel quel, le film atténue la démonstration prédicante du roman (la rigidité de la justice ébranlée par les désordres du corps social) pour la mettre au service d’une vision humaniste contrastée : à l’opposé du père Lescuyer, intangible statue du commandeur, le futur avocat général apparaît comme un personnage changeant, contradictoire, pris dans un mécanisme social qui lui échappe et qu’il tentera pourtant d’enrayer. Bizarrement, l’homme de théâtre qu’était Antoine ne retient du livre de Coppée que la structure dramatique, et - bien plus que ne le fera Raymond Bernard - lui insuffle une vraie durée romanesque.

Fiche réalisée par Noël Herpe

 


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