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TITRE |
Justice est
faite |
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REALISATEUR |
André
Cayatte |
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ANNEE |
1950 |
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DUREE |
106’ |
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PRODUCTEUR |
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GENERIQUE |
Sc. et
dial. : André Cayatte et Charles Spaak, avec Claude Nollier
(Elsa Lundenstein), Michel Auclair (Serge Kremer), Valentine
Tessier (Marceline Micoulin), Jean Debucourt (Michel
Caudron), Jean-Pierre Grenier (Jean-Luc Flavier), Raymond
Bussières (Félix Noblet), Noël Roquevert (Théodore Andrieu),
Marcel Pérès (Evariste Malingré), Jacques Castelot (Gilbert
de Montesson), Antoine Balpêtré (le président du tribunal),
Agnès Delahaie (Nicole Vaudrémont), Annette Poivre (Lulu),
Dita Parlo (Alice), Léonce Corne (l’huissier), et la voix de
Pierre Fresnay. |
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EXPLOITATION |
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LOCALISATION DES
ARCHIVES |
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COPIE VHS / DVD |
DVD
(Classique/Studio Canal) |
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RESUME GENERAL |
On juge à Versailles
l’affaire Elsa Lundenstein : cette pharmacienne d’une
trentaine d’années a donné la mort à son amant, qui
souffrait d’un cancer incurable. Les six jurés d’assises
assistent à des débats qui les renvoient chacun à leur vie
privée : le paysan Evariste Malingré, à sa femme qui le
trompe avec un garçon de ferme ; le militaire à la retraite
Théodore Andrieu, à sa fille qui a un “flirt“ pas sérieux ;
le garçon de café Félix Noblet, à sa difficulté d’obtenir la
main de sa fiancée ; l’imprimeur catholique Jean-Luc Flavier,
au drame de son fils déséquilibré ; le mondain Gilbert de
Montesson, au chantage au suicide d’une vieille maîtresse ;
les commerçants Michel Caudron et Marceline Micoulin, à leur
tentation d’une nouvelle jeunesse… L’audience est émaillée
de révélations (l’héritage important légué à Elsa par la
victime, l’existence d’un amant qui a essayé de manipuler
les sentiments de Mme Micoulin), et se soldera par un
verdict de cinq ans de prison - qui reflète les humeurs
contrastées des jurés. |
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IMAGES DE LA
JUSTICE |
C’est le
premier volet de la tétralogie judiciaire d’André Cayatte,
et la thèse qu’il développe avec Charles Spaak peut paraître
assez simpliste : que les jurés d’assises soient guidés par
leur subjectivité (idéologique ou psychologique) dans le
verdict qu’ils vont prononcer, il n’était sans doute pas
besoin d’un film aussi ambitieux pour le démontrer… Comme le
marquera André Bazin en décrivant la “cybernétique d’André
Cayatte“, les questions que soulève le cinéaste
s’apparentent à une vis sans fin, qui livre le spectateur à
une espèce de constat implacable et tautologique. Et si le
film (pour la première fois peut-être dans l’histoire du
cinéma) prétend nous faire découvrir le mécanisme exact d’un
procès d’assises, il s’agit d’un réalisme en trompe-l’œil -
qui ne met jamais en scène que les moments stratégiques
(choix des jurés, début de l’audience, témoignages décisifs,
délibération dramatique), et privilégie la réfraction des
débats sur les jurés, eux-mêmes échantillons représentatifs
d’une diversité sociale en ce mitan de IVème République…
Cette dimension sociologique nous convainc davantage
aujourd’hui que le propos judiciaire, précisément parce
qu’elle passe par des représentations assumées : ces
“tranches de vie“ sont en dernière analyse des scènes de
théâtre, des discours plus ou moins désuets et qui échouent
à rejoindre le monde en train de changer. Malentendu
générationnel qui culmine avec la cour mensongère que fait
Michel Auclair à Valentine Tessier, puis ses interventions
désespérées à la fin du procès : retrouvant l’efficacité
mélodramatique de Roger-la-Honte, Cayatte s’avère le
témoin d’une comédie humaine bloquée. |
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Fiche réalisée par Noël
Herpe |
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