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TITRE Les inconnus dans la maison
REALISATEUR Henri Decoin
ANNEE 1941
DUREE 95’
PRODUCTEUR Continental Films
GENERIQUE

Sc. et dial. : Henri-Georges Clouzot, d’après le roman de Georges Simenon, avec Raimu (Me Hector Loursat de Saint-Marc), Juliette Faber (Nicole), André Reybaz (Emile Manu), Marcel Mouloudji (Luska), Jacques Baumer (Rogissart), Tania Fédor (Marthe Dossin), Héléna Manson (Mme Manu), Noël Roquevert (commissaire Binet), Jean Tissier (Ducup), Raymond Cordy (l’huissier), Jacques Grétillat (le président des assises), Léonce Corne (le greffier des assises), et la voix de Pierre Fresnay.

EXPLOITATION  
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COPIE VHS / DVD  
RESUME GENERAL

Au fond d’une ville de province, Maître Hector Loursat de Saint-Marc hiberne depuis vingt ans, depuis que sa femme l’a quitté pour un autre homme. Il a sombré dans l’inaction et l’alcoolisme, auprès de domestiques médisants et d’une fille révoltée. Un soir, il découvre un cadavre dans son grenier. L’enquête aboutit à l’arrestation du jeune Emile Manu, soupirant de sa fille et chef d’une bande de désœuvrés, accusé de s’être débarrassé d’un malfrat renversé sur la route et qui le faisait chanter. Loursat accepte de défendre Manu, il demeure indolent pendant la première partie de l’audience - et brusquement il se réveille, pour fustiger la léthargie de ses concitoyens et pour désigner le vrai coupable : un certain Luska, autre gars de la bande, qui a tué Petit-Louis pour compromettre Manu dont il était jaloux.

IMAGES DE LA JUSTICE

Dans le microcosme provincial esquissé par Geores Simenon et caricaturé par Henri-Georges Clouzot, le milieu judiciaire est le prolongement naturel d’une bassesse universelle : couardise d’un procureur qui aimerait étouffer le scandale, n’était une mort d’homme ; mollesse d’un juge d’instruction pressé d’en finir ; paternalisme d’un président de cour d’assises qui voit la conduite du procès lui échapper ; déchéance enfin de Loursat, qui se métamorphosera in extremis en redresseur des torts sociaux. Cette collusion incestueuse de la justice avec l’ordre (ou le désordre) bourgeois est encore accentuée par les liens familiaux qui unissent le procureur à l’avocat et l’avocat aux suspects… En même temps qu’une “affaire de famille“, le procès apparaît comme le révélateur devenu obscène des dysfonctionnements d’un système. Au delà des figures classiques de l’audience- spectacle (le mouvement de caméra liminaire qui survole les intervenants, l’huissier qui commente les dépositions comme autant de scènes à faire), l’avocat vengeur vient soudain enrayer la mécanique - convoquant une seconde fois à la barre les témoins qu’il a d’abord négligé d’interroger, anticipant l’heure de sa plaidoirie pour faire le procès de ses concitoyens et pour refaire l’instruction. C’est sans doute là où le bât blesse : autant l’envol rhétorique de Raimu semble casser les conventions du film de prétoire, en prenant violemment à parti l’avocat général, les témoins, les parents dispersés dans le public (et qui deviennent les vrais acteurs d’une comédie humaine uniformément coupable), autant il crée le malaise en faisant avouer l’assassin : le dénommé Amédée (ou Ephraïm) Luska, mouton noir chargé d’un crime qu’il s’agissait pourtant d’étendre à la collectivité. On sait que ces ambiguïtés vaudront au film d’être une des trois productions Continental interdites à la Libération… Il faudra attendre dix ans (et l’André Cayatte d’Avant le déluge) pour voir relever le défi du film judiciaire comme miroir d’une société.

Fiche réalisée par Noël Herpe


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