Accueil
Présentation
Filmographie nationale
Atelier de réalisation
Réseau européen
Séminaires & colloques
Aperçu bibliographique

 

 

 

 

 

 


 



 
TITRE Généalogies d'un crime
REALISATEUR Raoul Ruiz
ANNEE 1996
DUREE 113’
PRODUCTEUR Paulo Branco
GENERIQUE

Sc. et dial. : Pascal Bonitzer et Raoul Ruiz, avec Catherine Deneuve (Jeanne/Solange), Melvil Poupaud (René), Michel Piccoli (Georges Didier), Andrzej Seweryn (Christian Corail), Monique Mélinand (Louise), Hubert Saint-Macary (le juge Verret), Jean-Yves Gautier (Mathieu), Mathieu Amalric (Yves), Camilla Mora (Soledad), Bernadette Lafont (Esther), Patrick Modiano (Bob), Jean Badin (l’avocat).

EXPLOITATION  
LOCALISATION DES ARCHIVES  
COPIE VHS / DVD DVD (Gemini Vidéo Editions)
RESUME GENERAL Le jour de la mort de son fils, Jeanne, une avocate connue pour perdre tous ses procès, se voit confier la défense d’un jeune homme,  René, accusé d’avoir assassiné sa tante. Celui-ci rejette la culpabilité sur une société de psychanalystes dont faisait partie la victime… Après leur première entrevue, Jeanne se laisse fasciner par le garçon et s’identifie bientôt à la tante morte dont elle découvre le journal. Le gourou de l’association psychanalytique essaie de lui imposer sa propre version des faits (le jeune homme aurait sacrifié la vie de sa tante dans le cadre d’une mise en scène rituelle, censée exorciser ses pulsions criminelles) ; mais le procès aboutira à un acquittement. Jeanne ébauche une liaison avec son protégé, qui reproduit peu à peu avec elle la relation sado-masochiste qu’il entretenait avec sa tante… Elle le tue et raconte toute son histoire à son avocat, qui plaidera la folie.
IMAGES DE LA JUSTICE

Il ne faut pas chercher la vraisemblance dans ce récit en forme de labyrinthe borgésien, où les histoires s’imbriquent les unes dans les autres jusqu’à mener l’individu au delà de l’identité (ou de la culpabilité). De fait, le film ne raconte pas vraiment une énigme criminelle qu’il s’agirait d’élucider : si un cadre juridique est posé dès le départ, c’ est d’une manière ouvertement naïve et dérisoire - avec le juge paranoïaque, acharné à traquer les secrets des sociétés de psychanalyse ; le cabinet d’avocats, présenté comme une entreprise plutôt dilettante ; l’avocate qui se lance tête baissée dans un procès qu’elle est sûre de perdre encore une fois, et part en quête d’une “vérité“ qui excède les enjeux de son travail… Autant de figures donquichottesques, dont la fonction sociale s’efface dès qu’entrent en scène les représentations contradictoires du crime : l’avocate se voit happée par la victime comme par un double, qu’elle ira jusqu’à venger, retrouvant par là même le statut coupable de son client au début du récit ; le juge meurt en proie à un délire universel de persécution ; le cabinet est envahi par la clique des psychanalystes se jugeant eux-mêmes persécutés par la justice, et qui se donnent collectivement la mort ! Dans un contexte aussi délirant, le système judiciaire ne peut qu’être renvoyé aux ténèbres extérieures, aux quelques dessins lapidaires qui résument le procès, au défaitisme de l’avocat face à sa consœur devenue à son tour une criminelle - et enfermée dans une spirale qui évoque le Bunuel d’El ou de Tristana

Fiche réalisée par Noël Herpe


Retour à la filmographie