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TITRE |
Garde à
vue |
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REALISATEUR |
Claude
Miller |
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ANNEE |
1981 |
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DUREE |
87
minutes |
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PRODUCTEUR |
Les
Films Ariane et TF1 Films Productions (Alexandre Mnouchkine
et Georges Dancigers) |
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GENERIQUE |
Scénario : CM et Jean Herman d’après le roman de John
Wainwright Brainwash (À table !, Gallimard, « Série noire »,
1980) ; dialogue : Michel Audiard
Acteurs
principaux : Michel Serrault (Me Martinaud), Lino
Ventura (l’inspecteur Gallien), Guy Marchand (l’inspecteur
Belmont), Jean-Claude Penchenat (le divisionnaire) |
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EXPLOITATION |
750 000
entrées à Paris après six mois d’exploitation |
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LOCALISATION DES
ARCHIVES |
Photographies de plateau : Bifi (www.bifi.fr.).
– Découpage après montage : L’Avant-Scène cinéma n° 288 (15
mai 1982). |
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COPIE VHS / DVD |
TF1
Vidéo, 2000 |
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RESUME GENERAL |
Commissariat central d’une sous-préfecture, locaux de la PJ,
nuit de la Saint-Sylvestre, l’inspecteur Gallien interroge Me
Martinaud sur le viol et le meurtre de deux fillettes. La
personnalité trouble du respectable notaire et un faisceau
de coïncidences fâcheuses font peser sur celui-ci de tels
soupçons que l’interrogatoire se prolonge en une garde à
vue. Profitant d’une absence de Gallien, l’inspecteur
Belmont tente d’extorquer des aveux de Martinaud en le
passant à tabac. Mais les confidences intimes de Mme
Martinaud, venue accabler son époux, achèveront de
convaincre Gallien de la culpabilité du notaire, lequel, au
bout du rouleau, passe aux aveux. Et tandis que ce dernier
rédige sa déposition, on découvre dans le coffre d’une auto
volée le corps d’une troisième petite victime. Au point du
jour, Martinaud, libre, rejoint son épouse dans leur
voiture : la jeune femme, plutôt que de reprendre la vie au
côté de celui qu’elle a traîtreusement chargé, s’est tiré
une balle dans la tête. |
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IMAGES DE LA
JUSTICE |
En désignant dès son titre la
mesure qui, dans une enquête de police judiciaire, fait d’un
simple témoin un suspect, Garde à vue signale à notre
attention son dispositif dramaturgique, celui d’un affrontement
au scalpel entre l’inspecteur et le notaire sur qui l’étau se
resserre – ou comment un innocent en vient à se convaincre qu’il
est le coupable idéal.
Aussi le placement en « garde à
vue » de Me
Martinaud fait-il l’objet d’une ponctuation forte au premier
tiers du drame ; il empêche le notable de mettre fin
prématurément à son calvaire, et donnera bientôt lieu à une scène
cruellement cocasse où un divisionnaire sablant le mousseux d’une
sous-préfecture en fête demande à son subordonné d’éviter au
notaire l’humiliation d’une garde à vue au moment précis où ce
dernier se fait dérouiller.
Ce film d’auteur au large succès
public, et qui précède d’une décennie la vague des séries
policières ou judiciaires, renoue avec une haute tradition
cinématographique où la confrontation entre un enquêteur et sa
victime trouve à s’incarner dans deux monstres sacrés. Claude
Miller, fin connaisseur des face-à-face judiciaires
hollywoodiens, mais aussi des duels métaphysiques à la Bergman ou
à la Bresson, marie ici deux composants d’apparence
contradictoire : une description réaliste d’un lieu, d’un
langage, d’un rituel implacables dont le concours des moindres
détails fait d’un interrogatoire de police judiciaire une machine
à broyer des êtres ; une joute savamment stylisée et ouverte sur
l’imaginaire entre deux figures opposées et complémentaires,
l’enquêteur bourru et son suspect, duquel le jardin secret porte
l’emblème de la culpabilité profonde qui sommeille en chacun de
nous.
À noter :
Garde à vue a donné lieu à plusieurs adaptations théâtrales,
ainsi qu’à un remake américain, Under Suspicion (S.
Hopkins, 2000), avec Gene Hackman et Morgan Freeman dans les deux
premiers rôles. |
Fiche réalisée
par
Olivier Curchod
Professeur
en classes préparatoires et historien du cinéma, auteur de
nombreux entretiens avec Claude Miller parus depuis 1989
dans la revue Positif ainsi que de la postface à
Claude Miller et Luc Béraud, L’Accompagnatrice, Actes
sud, « Scénario », 1992. |
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