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TITRE Forfaiture
REALISATEUR Marcel L’Herbier
ANNEE 1937
DUREE 94’
PRODUCTEUR Pierre Braunberger, Roger Richebé, A. d’Ayguar
GENERIQUE Sc. et dial. : Marcel L’Herbier, Jacques Companeez, Jean-George Auriol et Jacques Natanson d’après le film de Cecil B. de Mille, avec Lise Delamare (Denise Moret), Victor Francen (Moret), Louis Jouvet (Valfar), Sessue Hawakaya (Prince Hu-Long), Sylvia Bataille (Ming), Lucien Nat (Me Ribeyre).
EXPLOITATION  
LOCALISATION DES ARCHIVES  
COPIE VHS / DVD  
RESUME GENERAL L’ingénieur Moret est délégué en Mongolie pour la construction d’un pont, mais il se heurte bientôt à de puissants intérêts locaux, et à l’opposition du redoutable prince Hu-Long. Denise Moret, venue rejoindre son époux, se refuse aux avances du prince mais se voit obligée de revenir vers lui pour l’aider à effacer une dette de jeu… Alors que le prince cherche à abuser de la situation, Denise essaie de se dérober à nouveau, le prince la rattrape et la marque au fer rouge, elle le tue et s’enfuit. Retrouvé avec l’arme et sur les lieux du crime, Moret est accusé mais Denise interviendra au milieu de l’audience pour le disculper - en offrant aux regards le sceau dont l’a marquée le prince. 
IMAGES DE LA JUSTICE

On retrouve ici quelques-uns des ressorts dramatiques de Nuits de feu : Denise interrompt un procès pour sauver son mari, de la même manière que Fédor Andreiev revenait disculper sa femme par sa seule présence devant le tribunal… Marcel L’Herbier confirme une nouvelle fois son goût de la machine judiciaire comme théâtre mélodramatique, où joueraient à plein régime les passions humaines et les retournements de situation spectaculaires. Il est vrai qu’il est à bonne école, puisque son film s’inspire ouvertement d’une œuvre tutélaire de son amour du cinéma (et dont l’une des figures mythiques, Sessue Hawakaya, retrouve même son emploi vingt ans plus tard)  : c’est le Forfaiture de Cecil B. de Mille (1916), grand mélo qui marqua toute une génération de cinéphiles français. Le remake n’est pas inférieur au modèle, surtout dans la dernière partie où le piège se referme avec une intensité impressionnante - comme à l’insu des protagonistes qui semblent les victimes d’un fatum infernal : Moret apprenant de la bouche de son avocat qu’il est inculpé ; Denise se précipitant chez l’avocat pour s’assurer d’un procès sans risque ; le témoignage de l’armurier innocentant Moret, mais celui-ci s’accusant pour protéger Denise ; l’irruption enfin de celle-ci, apportant la preuve d’une vérité que nous découvrons alors en flash-back… Les auteurs se soucient peu de vraisemblance, enchaînant les morceaux de bravoure selon un crescendo émotionnel qui ignore les contingences de la justice. Ni l’avocat, ni l’autorité judiciaire, ni même les acteurs du drame ne sont caractérisés humainement (au risque d’ailleurs d’une inconséquence presque immorale dans le cas de Denise) : c’est un univers de pulsions et d’affects, assez proche de celui d’Henry Bernstein auquel faisait déjà penser le film de De Mille, et où seule compte la vérité du sentiment.

Fiche réalisée par Noël Herpe


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