|
|
|
TITRE |
|
|
REALISATEUR |
Louis
Feuillade |
|
ANNEE |
1914 |
|
DUREE |
70 mn |
|
PRODUCTEUR |
Léon
Gaumont |
|
GENERIQUE |
|
Sc. : Louis Feuillade,
avec René Navarre (Fantômas/le juge Pradier), Edmond
Bréon (inspecteur Juve), Georges Melchior (Jérôme Fandor),
Mesnery (marquis de Tergall), Germaine Pelisse (marquise
de Tergall), Suzanne Le Bret (Rosa), Laurent Morlas (Paulet),
Martial (Ribonard). |
|
|
EXPLOITATION |
|
|
LOCALISATION DES
ARCHIVES |
|
|
COPIE VHS / DVD |
DVD (Gaumont) |
|
RESUME GENERAL |
A
Saint-Calais, le vieux juuge Pradier enquête sur une affaire
de double vol : celui du collier de la marquise de Tergall
(subtilisé par un faux prêtre grâce à un trou pratiqué dans
le mur d’une chambre d’hôtel, celle-là même où le marquis
est venu vendre les bijoux de sa femme) ; celui du montant
du collier, dérobé au vendeur alors qu’il rentrait chez lui…
C’est un coup monté par les suppôts de Fantômas : celui-ci,
libéré de la prison de Louvain à la faveur d’une ruse de
l’inspecteur Juve, se déguise dans le train et, arrivé en
province, se fait passer pour le successeur du juge Pradier.
Sous cette apparence, il assassine le marquis et fait
chanter sa veuve, il récupère les bijoux en laissant un des
malfrats suspendu à la cloche de l’église… Le journaliste
Fandor tente de le confondre, et Juve survient enfin pour le
faire arrêter - mais Fantômas a d’avance signé la lettre qui
permettra sa libération du cachot. |
|
IMAGES DE LA
JUSTICE |
Le réalisateur de la série
des Fantômas s’était déjà insinué dans les coulisses
de la machine judiciaire, notamment dans le premier
épisode : A l’ombre de la guillotine, où Fantômas se
faisait remplacer par un acteur de théâtre, victime d’un
maquillage trop ressemblant et conduit jusqu’à l’échafaud…
Mais on demeurait là dans le prolongement à peine moins
factice d’une représentation théâtrale. Ce Faux Magistrat
offre au contraire une description très réaliste de
l’activité (effective ou simulée) d’un juge d’instruction en
province : passation de pouvoirs, visite du tribunal,
missives du ministère, collaboration quotidienne avec le
parquet et la police. Cette précision dans le détail ajoute
à l’angoisse singulière qui naît du film - puisqu’au fur et
à mesure de ses forfaits, Fantômas continue d’être
imperturbablement suivi par le greffier, le procureur et les
gendarmes qui travaillent à ses côtés, aveugles à son
déguisement pourtant sommaire. On voit ainsi cohabiter un
ordre social intangible, enfoncé dans ses traditions et ses
hiérarchies, tempéré par une bonne éducation que laissent
deviner les dialogues (fussent-ils muets), et la présence
d’un corps étranger, amoral et insaisissable. La province
procédurière de Louis Feuillade fait penser au Georges
Bernanos d’Un crime, elle s’inscrit dans la même
grisaille triste venue des profondeurs du XIXeme siècle,
dans la même rêverie tout ensemble anarchiste et
réactionnaire - qui semble appeler, pour secouer la torpeur
bureaucratique et le sommeil des consciences, l’arrivée de
quelque ange exterminateur. |
|
Fiche réalisée par Noël
Herpe |
Retour à la filmographie |
|