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GENERIQUE |
Scénario de René Clair
d’après la pièce d’Eugène Labiche et Marc Michel
Avec
Pierre Batcheff (l’avocat Frémissin), Jim Gérald (Garadoux),
Maurice de Féraudy (Thibaudier), Françoise Rosay, Véra Flory… |
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RESUME GENERAL |
Frémissin, avocat débutant et timide, fait la plaidoirie de
son premier client : Garadoux, accusé d’avoir maltraité sa
femme. Devant le tribunal, gagné par l’émotion, il
s’embrouille au point de faire condamner Garadoux. Après sa
sortie de prison, celui-ci s’installe dans une petite ville
de province, où il espère obtenir la main de la fille de
Thibaudier, un notable local lui aussi maladivement timide.
Frémissin arrive dans cette ville, en séjour chez sa tante,
et rencontre la jeune fille dont il tombe amoureux. Elle
veut épouser Frémissin, mais n’ose pas parler à Thibaudier,
qui n’ose pas dire non à Garadoux. Découvrant l’existence et
l’identité de son rival, ce dernier tente de l’empêcher
d’approcher la maison des Thibaudier avant la signature du
contrat de mariage. Il simule une attaque de la maison par
des bandits, tout en faisant croire aux Thibaudier qu’ils
sont assiégés. Prenant finalement courage, Frémissin fait
démasquer Garadoux. C’est lui qui épousera la fille
Thibaudier. |
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IMAGES DE LA
JUSTICE |
La séquence de
la plaidoirie, au tout début du film, est un morceau
d’anthologie. Le film est muet, mais au lieu d’user
d’intertitres, René Clair représente en images les versions
de l’histoire de Garadoux proposées par son avocat et par
l’avocat général. Dans celle-ci, Garadoux est présenté comme
une brute avinée qui moleste sa femme, alors que dans
celle-là, il apparaît comme un mari modèle. Lorsque le jeune
avocat s’embrouille, l’image s’arrête, revient en arrière,
puis reprend en accéléré, s’arrête à nouveau, etc. La
justice se trouve dans l’obligation de trancher entre deux
histoires également caricaturales, donc également
mensongères. La vérité est travestie par le recours aux
clichés et par le montage. Jamais le spectateur n’a accès à
une version objective.
Les membres du tribunal,
quant à eux, sont ridiculisés. L’un des assesseurs est
sourd, l’autre somnole, et le président sourit niaisement.
L’avocat général, filmé en contre-plongée, est d’une
rigidité théâtrale. La scène tourne à la farce lorsque une
souris s’introduit dans le prétoire, provoquant une panique
générale. Le président apeuré monte sur son bureau et la
plus grande confusion gagne le public. Le calme rétabli,
Frémissin ne peut plus reprendre le cours de sa plaidoirie
et la cour, marquée par cet événement, condamne Garadoux à
l’emprisonnement. C’est donc sous le coup de l’émotion que
la sentence est prononcée, et si le prévenu apparaît
effectivement comme un être mauvais, la justice n’est pas
plus à son avantage, puisque pas un personnage la
représentant n’échappe à la satire. René Clair se limite
cependant à un portrait charge de bon aloi, empreint de
relativisme ironique, qui ne constitue pas véritablement une
critique du système judiciaire mais ébauche une réflexion
sur le statut de la vérité.
Commencé dans le prétoire,
le film s’y termine également, avec le procès intenté par
Garadoux à Thibaudier, défendu par Frémissin, qui obtient
cette fois-ci gain de cause grâce à sa maîtrise rhétorique. |