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TITRE Avant le Déluge
REALISATEUR André Cayatte
ANNEE 1953
DUREE

140'

PRODUCTEUR UGC, Documento Films
GENERIQUE Sc. et dial. : Charles Spaak et André Cayatte, avec Marina Vlady (Liliane Noblet),  Jacques Fayet (Richard Dutoit), Clément Thierry (Philippe Boussard), Roger Coggio (Daniel Epstein), Jacques Chabassol (Jean Arnaud), Bernard Blier (Noblet), Line Noro (Mme Arnaud), Jacques Castelot (Montesson), Isa Miranda (Mme Boussard), Paul Frankeur (Boussard), Antoine Balpêtré (Dutoit), Paul Bisciglia (le fils Noblet).
EXPLOITATION  
LOCALISATION DES ARCHIVES  
COPIE VHS / DVD VHS au Forum des Images
RESUME GENERAL Pendant les délibérations d’un procès d’assises, les parents se remémorent les circonstances qui ont préparé le drame : l’endoctrinement antisémite que le musicien Dutoit a fait subir à son fils ; la protection étouffante qu’une Mme Arnaud esseulée a fait peser sur le sien ; l’atmosphère frivole et cynique dans laquelle le fils de l’industriel Boussard a grandi ; les débats politiques qui ont éloigné le militant Noblet de sa fille, alors que la menace d’une guerre en Corée était dans tous les esprits… Rêvant de partir vers une île heureuse, les quatre jeunes gens ont improvisé un cambriolage chez l’amant de Mme Boussard : l’un d’eux dans son affolement a tué un veilleur de nuit, les deux autres ont assassiné leur camarade Daniel Epstein par qui ils craignaient d’être livrés à la police… Les quatre garçons sont condamnés à des peines qui vont jusqu’à dix ans de prison, la fille est acquittée.
IMAGES DE LA JUSTICE

André Cayatte et Charles Spaak déclinent une troisième fois la démonstration sociale de Justice est faite et de Nous sommes tous des assassins : après la responsabilité des jurés d’assises, après celle d’un ordre social tout entier complice dans la mise à mort des criminels, c’est la responsabilité parentale qui est cette fois au banc des accusés. Ce point de vue est souligné dès la première séquence, où l’énoncé des peines qu’encourent les quatre jeunes gens aboutit à un “tableau“ accablant des parents coupables… Le film se consacre dès lors à suivre en flash-back chacun de ces mini-drames, et leur dénouement tragique : nous ne reviendrons à la cour d’assises que pour entendre le verdict, et pour accompagner de nouveau les parents laissés à leur solitude. C’est dire que les auteurs dépassent le cadre du “film judiciaire“ (sur le modèle des Inconnus dans la maison, déjà appliqué dix ans plus tôt à des “J3“ délinquants et à un fossé entre générations), pour mettre en évidence une chaîne d’erreurs, de démissions, d’inconsciences bien antérieure à l’affaire jugée. Ce faisant, le “système Cayatte“ gagne en complexité dramatique, mais perd en force de conviction : une fois minimisée la machine juridique qui leur tenait lieu de théâtre, les personnages sont condamnés à remonter désespérément la pente de leur faute. Si la justice des hommes disparaît de l’écran, c’est pour faire place à une rhétorique asphyxiante (telle que la martèle d’entrée de jeu la voix off) du “Tous coupables“.

Fiche réalisée par Noël Herpe

 


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