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TITRE |
L'Affaire du
Courrier de Lyon |
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REALISATEUR |
Claude
Autant-Lara, Maurice Lehmann |
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ANNEE |
1937 |
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DUREE |
102’ |
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PRODUCTEUR |
Claude
Autant-Lara, Maurice Lehmann |
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GENERIQUE |
Sc. et
dial. : Jean Aurenche et Jacques Prévert, d’après la pièce
de Moreau, Siraudin et Delacour, avec Pierre Blanchar
(Joseph Lesurques/André Dubosc), Dita Parlo (Mina Lesurques),
Jacques Copeau (juge Daubenton), Jacques Varennes (président
Gohier), Jean Tissier (Couriol), Dorville (Choppart), Pierre
Alcover (Durochat), Marcel Duhamel (Guénot), Sylvia Bataille
(Madeleine Bréban), Hélène Robert (Eugénie Dargence),
Charles Dullin (l’aveugle), Andrex (Guinier), Philippe Rolla
(l’accusateur). |
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EXPLOITATION |
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LOCALISATION DES
ARCHIVES |
Fonds
Autant-Lara (Cinémathèque de Lausanne) |
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COPIE VHS / DVD |
VHS (Mémoire
du cinéma français/René Château) |
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RESUME GENERAL |
En 1796,
alors que le courrier de Lyon transporte une grosse somme
d’argent, les convoyeurs sont attaqués et assassinés par une
association de malfaiteurs. Chacun d’entre eux sera vite
arrêté grâce à une marque sur les assignats, mais le
témoignage des aubergistes qui les ont reçus fait aussi
accuser l’honorable citoyen Lesurques – en fait le sosie
d’un des assassins, et qui se trouvait sur la même route en
compagnie d’une jeune femme. Celui-ci a beau clamer son
innocence, il est victime d’une inflation de la rumeur ; sa
femme arrivera à faire témoigner au procès la jeune
prostituée qui ne l’a pas quitté ce jour-là, les juges
passent outre et l’envoient avec les autres à l’échafaud. Le
juge qui avait instruit l’affaire se convainc au fur et à
mesure de l’innocence de Lesurques. Il ne parviendra qu’à
faire condamner peu de temps après le vrai coupable. |
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IMAGES DE LA
JUSTICE |
A partir d’une légendaire
erreur judiciaire, où cristallisèrent les passions et les
remords nés de la Révolution française, Claude Autant-Lara
et ses dialoguistes ont construit un film qui s’appuie
essentiellement sur des représentations : celles qu’avaient
relayées les mises en scène théâtrales de l’affaire, avec
les “couplets“ du loueur de chevaux bonhomme et cynique, de
l’aveugle qui reconnaît n’importe quelle voix, de la
prostituée au grand cœur, etc… Cette prédominance du
mélodrame s’accentue à mesure que le piège se referme sur un
innocent - le juge d’instruction, puis les juges étant dupes
d’une opinion publique paranoïaque (pas loin de celle
qu’imagine Prévert la même année dans Drôle de drame),
prête à tout pour fabriquer un coupable au cœur de la
bourgeoisie. C’est ici qu’apparaît une dimension politique,
qui tend à faire de Lesurques un “double“ christique et
vulgarisé de Louis XVI, face à la conjuration des philistins
(les petites gens qui l’accusent sur la vague foi d’une
ressemblance) et des pharisiens (le président du tribunal et
l’accusateur, qui écartent le seul témoin de la défense pour
cause de moralité douteuse, lui préférant la déposition
“achetée“ d’une femme proche du bourreau). S’il se profile
une lecture réactionnaire de la période, elle a le mérite de
toujours s’affirmer à travers une théâtralité exacerbée :
celle notamment du procès, “interactif“ bien avant la
version de Robert Hossein, provoquant les réactions de
l’assistance et les débordements d’Incroyables et de
Merveilleuses venus comme au spectacle. A défaut d’une
vérité devenue folle, il y a là toute la violence d’un
basculement historique ; et le juge d’instruction lui-même
(de l’enquête au procès, de l’exécution à l’épilogue auprès
des masques mortuaires des condamnés) se voit entraîner par
une hystérie déjà médiatique. |
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Fiche réalisée
par Noël Herpe |
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