Accueil
Présentation
Filmographie nationale
Atelier de réalisation
Réseau européen
Séminaires & colloques
Aperçu bibliographique

 

 

 

 

 

 


 



 
TITRE Casque d’or
REALISATEUR Jacques Becker
ANNEE 1952
DUREE 96 minutes
PRODUCTEUR Paris-Film (Robert et Raymond Hakim), Speva-Films (Michel Safra)
GENERIQUE

Dir. de production : Jacques Baum

Scénario : Jacques Becker et Jacques Companeez

Dialogues : Jacques Becker

Dir. de la photographie : Robert Le Febvre

Décors : Jean D’Eaubonne

Musique : Georges Van Parys et Antoine Renard (Le Temps des Cerises)

Montage : Marguerite Houllé-Renoir

Interprétation : Serge Reggiani (Joseph Manda), Simone Signoret (Marie), Claude Dauphin (Leca), Raymond Bussière (Raymond), Tony Corteggiani (Le commissaire), Marcel Rouzé (le brigadier), Pierre Le Proux (le gendarme du fourgon), Pomme (la logeuse de l’immeuble en face de la Santé)

EXPLOITATION  
LOCALISATION DES ARCHIVES Scénario, synopsis et devis : Bibliothèque du film, Paris (cote SCEN 0471 B138)
COPIE VHS / DVD Edition DVD : StudioCanal Vidéo, 2001
RESUME GENERAL

Dans une guinguette, le charpentier Joseph Manda fait la connaissance de Marie, dite Casque d’or, une prostituée venue se divertir avec camarades et souteneurs, parmi lesquels Raymond, ancien co-détenu et meilleur ami de Manda. Le couple se retrouve à « l’Ange-Gabriel », cabaret malfamé de Belleville où Manda doit « racheter » Casque d’or au prix d’un duel au couteau avec son protecteur. Il le tue et les deux amants se retirent à la campagne.

Mais Félix Leca, chef d’une bande d’apaches qui convoite Casque d’or, accuse Raymond du meurtre. N’écoutant que son honnêteté et son sens de l’amitié, Manda se dénonce à la police. Aidés par Marie, les deux hommes s’évadent à l’occasion d’un transfèrement judiciaire, mais Raymond est mortellement blessé par les forces de l’ordre. Ayant appris la machination dont ils ont été victimes, Manda décide de se venger et tue Leca, acculé dans une arrière-cour de commissariat.

Condamné à mort, il est exécuté sous les yeux de Casque d’or qui a loué une chambre en face de l’emplacement de la guillotine.

IMAGES DE LA JUSTICE

L’exécution capitale qui clôt le film est l’une des plus marquantes de toute l’histoire du cinéma français : sous les yeux de Marie qui a loué à prix d’or une chambre donnant sur la cour de la Santé (« la meilleure fenêtre du boulevard » lui dit la logeuse), Manda est conduit à l’échafaud. Alors que s’affaisse la guillotine, Casque d’or baisse imperceptiblement la tête, accablée par une justice impitoyable qui s’identifie ici au destin.

Les représentants de l’ordre, que l’on ne fait qu’entrapercevoir dans la première partie du film deviennent autant de vecteurs du tragique dès lors que l’on approche de son issue : gardiens de la pénitentiaire qui abattent Raymond devant la prison de la Santé, policiers de commissariat de Belleville qui assistent à l’assassinat de Leca. Alors que Manda et Casque d’or sont pendant la première heure les acteurs de leur destin (y compris lorsque Manda tue le protecteur de Marie dans l’arrière-cour de l’Ange Gabriel), il n’en sont plus ensuite que les spectateurs passifs, et si l’intervention des hommes de la loi (policiers, gardiens, magistrats) se déroule pour l’essentiel hors-champ, elle n’en suffit pas moins à précipiter le film vers un dénouement inéluctable.

Les murs de la Santé, dans laquelle on ne pénètre pas, par opposition au film plus tardif de Jacques Becker, le Trou, incarne de la même manière une justice contre laquelle les personnages du film viennent buter, que ce soit au moment de l’évasion de Raymond et Manda, ou bien entendu au matin de l’exécution capitale. A l’instar des meurtres du souteneur de Casque d’or et de Leca, l’exécution se déroule dans une arrière-cour. Nul mieux que Becker n’a montré à quel point il s’agissait d’un assassinat légal.

Fiche réalisée par Christophe Gauthier


Retour à la filmographie