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TITRE Les Bonnes Causes
REALISATEUR Christian-Jaque
ANNEE 1962
DUREE 120’
PRODUCTEUR

Méditerranée Cinéma, Mizar Films, Flora Films, Georges Cheyko

GENERIQUE

Sc. et dial. : Christian-Jaque, Henri Jeanson et Paul Andréota, d’après le roman de Jean Laborde, avec Bourvil (juge Gaudet), Pierre Brasseur (Me Charles Cassidi), Marina Vlady (Catherine Dupré), Virna Lisi (Geneviève Leblanc), Umberto Orsini (Me Philliet), Jacques Monod (procureur Magnin), Robert Vidalin (le président du tribunal), Marcel Cuvelier (le secrétaire de Cassidi), Jacques Mauclair (Georges Boisset), Mony Dalmès (Marjorie), Daniel Lecourtois (un avocat), José Luis de Villalonga (Paul Dupré), Frédéric Pottecher (lui-même).

EXPLOITATION  
LOCALISATION DES ARCHIVES  
COPIE VHS / DVD VHS à la BnF
RESUME GENERAL

Le richissime Paul Dupré, cardiaque, meurt à la suite d’une injection criminelle. Sa veuve Catherine accuse son infirmière Geneviève, en faveur de qui on découvre peu après un testament de la victime, rédigé trois jours avant sa mort. Dans une tendre intimité, Catherine avoue à son avocat Cassidi que c’est elle qui a échangé les ampoules et rédigé un faux testament pour charger sa rivale, sûre qu’avec l’appui d’un tel avocat la cause était gagnée. Celui-ci accepte de plaider partie civile, met en lumière les éléments pouvant alourdir le dossier de la prétendue coupable (la liaison avec Dupré, qu’elle a d’abord voulu cacher), jette un doute sur ce qui pourrait l’innocenter (le témoignage d’un voisin, qui a vu Catherine attendre dix minutes dans l’obscurité avant de se précipiter sur les lieux du crime…). Son intime et impuissante conviction en faveur de Geneviève conduit le juge Gaudet à se dessaisir de l’instruction. Il témoignera pourtant au procès, sans arriver à convaincre les jurés qui condamnent l’innocente à huit ans de prison. Aussitôt délaissé par l’ingrate Catherine, Cassidi engage l’avocat de Geneviève à aller en cassation.

 

IMAGES DE LA JUSTICE

Christian-Jaque et Henri Jeanson s’attachent moins à l’énigme criminelle (assez tôt éventée) qu’à mettre le spectateur, simultanément, dans le secret d’une instruction et d’une manipulation judiciaire. Cela nous vaut une description très réaliste, presque en temps réel, des rouages de la procédure : désignation du juge et de l’avocat commis d’office, interrogatoires, enquêtes parallèles, reconstitution, transfert du dossier, procès… Cette valeur documentaire est cependant gauchie par un propos polémique, où s’exprime la sensibilité anarchisante et individualiste de Jeanson : il s’agit, tout au long de ce récit binaire, de dénoncer une justice à deux vitesses. D’un côté, le petit juge joué par Bourvil, fonctionnaire “dévoré de scrupules“ (ainsi que le définit Cassidi), n’arrêtant pas de refaire ses lacets et de vérifier ses intuitions, seulement capable en définitive d’en appeler aux sentiments du public. De l’autre, le grand avocat joué par Pierre Brasseur, usant et abusant des effets rhétoriques, copinant avec tout le palais de justice (du doyen au procureur, de ses confrères aux journalistes comme Pottecher), et qui met en scène en virtuose le déroulement de l’affaire : il fait répéter toute une nuit à sa maîtresse sa déposition devant le juge, il reprend la maîtrise d’une reconstitution qui risquait de ruiner leur cause, il va jusqu’à manipuler la partie adverse (en la personne du jeune avocat inexpérimenté) en lui fourguant des vérités successives… Les auteurs mettent ainsi en cause les pouvoirs excessifs de l’avocat, mais surtout une justice de classes qui se raménerait à un pur jeu de faux-semblants. Même si l’épilogue semble donner raison au juge, c’est par une ironie du sort et pour assurer la double revanche de la happy end et du spectacle. Il est permis d’apprécier le film sous ce point de vue, sans forcément adhérer à un manichéisme qui frôle le poujadisme. 

 

Fiche réalisée par Noël Herpe

 


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