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TITRE Le Bonheur
REALISATEUR Marcel L’Herbier
ANNEE 1935
DUREE 106’
PRODUCTEUR Pathé-Natan
GENERIQUE Sc. et dial. : Marcel L’Herbier et Michel Duran, d’après la pièce d’Henry Bernstein, avec Gaby Morlay (Clara Stuart), Charles Boyer (Philippe Lutcher), Jaque-Catelain (Geoffroy de Choppé), Michel Simon (Noël Malpiaz), Paulette Dubost (Louise), Jean Toulout (Me Balbant), Georges Mauloy (le président de la cour d’assises), Léon Arvel (l’avocat général), Henri Richard (le juge d’instruction).
EXPLOITATION  
LOCALISATION DES ARCHIVES  
COPIE VHS / DVD  
RESUME GENERAL

Un “anti-social“, Philippe Lutcher, qui dessine des caricatures pour une feuille anarchisante, tire pour l’exemple sur une vedette du music-hall, Clara Stuart, à la sortie d’une revue où elle vient de chanter son dernier succès : “Le bonheur n’est plus un rêve“… Seulement blessée, la star vient témoigner au procès de son agresseur en demandant sa grâce, qu’elle obtient. Sorti de prison, l’anarchiste est recueilli par Clara tombée amoureuse de lui depuis l’audience, et séparée de son mari. Mais leur liaison est bientôt interrompue par les exigences de la carrière cinématographique de Clara : elle a en effet accepté de jouer dans un film qui évoque de manière caricaturale les circonstances de leur rencontre. Philippe la quitte, mais il continuera d’aller à la rencontre de son “image“ dans les salles obscures.

IMAGES DE LA JUSTICE

Fidèle à Henry Bernstein, et à sa satire d’un show-business qui s’étendrait à tous les étages du corps social, Marcel l’Herbier nous offre une vision très “médiatique“ d’un procès d’assises. Ce parti pris est sensible dès l’entrée dans la salle d’audience, que la caméra balaie d’un ample mouvement à la grue, comme on dominerait une salle de spectacle avant que la pièce ne commence… De fait, face à la rhétorique onctueuse du président du tribunal, face aux éclats de voix de l’avocat général et de l’avocat (les uns et les autres un peu trop dans l’emphase et le “surjeu“), chacun des protagonistes vient défendre un personnage : l’impresario effeminé (Michel Simon), le gigolo distingué et éploré (Jaque-Catelain), la midinette attendrie (Paulette Dubost), la star compatissante (Gaby Morlay)… Dans cet ultime “sketch“, l’artifice atteint une outrance qui finit par renverser la représentation : c’est l’anarchiste (Charles Boyer) qui prend soudain la parole et le dessus, dénonçant un simulacre de charité et obligeant sa victime à être enfin elle-même. Il n’est pas sûr pourtant que ce retournement de situation soit moins théâtral que le reste ; mais il est certain que ce Bonheur résume toute la culpabilité du jeune cinéma parlant, voué à une saturation de la parole et recherchant (jusque dans la logorrhée du tribunal) une vérité antérieure aux faux-semblants du discours.

Fiche réalisée par Noël Herpe


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