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TITRE Nous sommes tous des assassins
REALISATEUR André Cayatte
ANNEE 1951
DUREE 115 mn
PRODUCTEUR UGC - Jolly Film, Labor Film
GENERIQUE

Sc. et dial. : André Cayatte et Charles Spaak, avec Marcel Mouloudji (René Le Guen), Raymond Pellegrin (Gino), Antoine Balpêtré (Dutoit), Marcel Pérès (Malingré), Julien Verdier (Bauchet), Georges Poujouly (Michel Le Guen), Claude Laydu (Me Arnaud), Line Noro (Mme Arnaud), Henri Vilbert (Mr Arnaud), Lucien Nat (l’avocat général), Jean-Pierre Grenier (Dr Detouche), Paul Frankeur (le gardien-chef), Louis Seigner (l’aumônier), André Reybaz (le jeune aumônier), Maurice Dorléac (le président du tribunal), Henri Crémieux (l’avocat de Bauchet).

EXPLOITATION  
LOCALISATION DES ARCHIVES  
COPIE VHS / DVD DVD (Classique/Studio Canal)
RESUME GENERAL

A la fin  de la guerre, le jeune et pauvre René Le Guen est ballotté au hasard des circonstances, amené à tuer une “taupe“ des Allemands puis, dans un accès alcoolique, le chef résistant qui avait commandité le crime… Condamné à mort pour le second meurtre, il essaiera de gagner du temps en revendiquant le premier - mais le traître a été entre-temps maquillé en héros. René partage la cellule des condamnés avec Dutoit (accusé d’avoir tué sa femme), Gino (un Corse qui a tué pour venger l’honneur familial), d’autres criminels encore qui viennent remplacer les premiers à mesure que ceux-ci sont envoyés à l’échafaud. Après avoir renoncé à écrire au président de la République, René reste en attente d’une décision de grâce - qu’obtiendra peut-être son avocat, auprès de qui son petit frère est du moins arraché à la misère.

IMAGES DE LA JUSTICE

La justice n’apparaît ici que comme le maillon d’une chaine anonyme et écrasante de responsabilités : sociales (l’atavisme familial et le contexte historique), policières (la solidarité des gardiens pour maintenir un ordre trompeur), cléricales (la bonne conscience parfois troublée des aumôniers)… Dans une telle logique, le juge est le premier à faire exécuter la loi sans états d’âme - à l’exemple de cet avocat général qui offre d’une cause à l’autre la même figure inflexible, n’hésitant pas à harceler un condamné jusqu’au seuil de l’échafaud pour lui arracher des aveux. Les avocats eux-mêmes, dans l’antichambre de la mort, s’avèrent des faiseurs de procédure inutile et de paroles lénifiantes. Face à cette coalition de la répression, seuls deux personnages portent la thèse de la prévention : le médecin de la prison, qui vient témoigner au procès d’un criminel qu’il a sauvé de l’épilepsie, et plaide pour un suivi social contre une peine de mort faussement dissuasive ; le jeune avocat, ambitieux et beau parleur, mais qui parvient à faire entrer dans son milieu bourgeois une certaine compassion. Le propos est certes manichéen, et André Cayatte l’illustre à travers une série de cas  trop signifiants, étendant aux condamnés à mort la “cybernétique“ des jurés de Justice est faite… De même que ce précédent film, Nous sommes tous des assassins vaut surtout par sa vision panoramique d’une société en crise, où des catégories morales d’un autre âge ne suffisent plus à répondre au marasme de l’après-guerre ; mais aussi par sa reconstitution des moments qui précèdent une exécution capitale : si le spectaculaire y prime le documentaire (comme dans le procès de Justice est faite), il conserve une terrifiante efficacité.

Fiche réalisée par Noël Herpe

 


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