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TITRE L’Article 330
REALISATEUR Marcel Pagnol
ANNEE 1934
DUREE 40 mn
PRODUCTEUR Les Auteurs associés
GENERIQUE Sc. et dial. : Marcel Pagnol, d’après la pièce de Georges Courteline. Avec Robert Le Vigan (Jean-Philippe La Brige), Jean d’Yd (le président du tribunal), Henry Darbrey (le substitut), André Robert (l’huissier).
EXPLOITATION  
LOCALISATION DES ARCHIVES

Film perdu.

COPIE VHS / DVD  
RESUME GENERAL Le dénommé Jean-Philippe La Brige, “philosophe défensif“, comparaît devant le tribunal correctionnel. Des milliers de plaintes ont été déposées par les badauds qui arpentent le trottoir roulant de l’Exposition Universelle de 1900, avenue de la Motte-Picquet ; et un huissier donne lecture de son rapport, attestant bel et bien que l’inculpé a durablement exposé son postérieur à la vue des passants scandalisés… Assurant sa propre défense, La Brige plaide en faveur de son droit à s’habiller comme il lui plaît chez lui, quelle que soit l’indiscrétion du public. Malgré toutes les fleurs de rhétorique qu’il déploie, il écope d’une condamnation à trois mois de prison et vingt-cinq francs d’amende - en vertu de l’article 330 du code pénal qui sanctionne l’attentat à la pudeur. Reconnu cependant “bien fondé dans son système de défense“ par le président du tribunal, il accueille le verdict d’un cri théâtral : “J’en appelle à la postérité !“
IMAGES DE LA JUSTICE

On devine que ce qui a intéressé Pagnol dans la pièce de Courteline, c’est l’auto- défense d’une logique marginale face à une société anonyme et écrasante : La Brige est le précurseur de Jofroi, du Schpountz ou d’Ugolin, dans la rhétorique délirante qu’il oppose à tous les porte-parole du bon sens. Car tout ici passe déjà par le verbe, seul moyen pour le contestataire d’affirmer sa vérité : ignorant superbement le régime “aéré“ alors en vigueur dans le théâtre filmé, Pagnol enregistre telle quelle la plaidoirie écrite pour la scène, sans inserts pittoresques sur l’objet du délit… “Le manuscrit de mon film, c’est le texte définitif de Georges Courteline, telle qu’il l’a écrit“, précise-t-il à la veuve de l’auteur dans une lettre reproduite en janvier 1934 dans Les Cahiers du film. Aussi bien, les deux dramaturges se retrouvent dans une mise en scène joyeuse de la faconde judiciaire, retournée par l’inculpé contre ses adversaires (le président du tribunal, l’huissier, les milliers de plaignants absents), à tel point qu’on finit par lui donner raison, au moins moralement : en 1934 comme en 1900, la phraséologie de prétoire est pour quelques minutes réveillée (avec même, en guise d’imprécation finale, une citation parodique de L’Affaire du courrier de Lyon !), enrayée, déviée de sa trajectoire impersonnelle. Pas plus que Courteline, Pagnol n’entend remettre sérieusement en cause les convenances sociales ou le fonctionnement de la justice, mais plus ironiquement rendre à l’individu le droit à la parole - même si elle tourne à vide et se déploie en pure perte.

Fiche réalisée par Noël Herpe


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