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TITRE L’ange noir
REALISATEUR Jean-Claude Brisseau
ANNEE 1994
DUREE 1h45
PRODUCTEUR Alain Sarde
GENERIQUE Auteur du scénario : Jean-Claude Brisseau. Acteurs interprétant des personnages liés à la justice : Tchéky Karyo (Maître Paul Delorme), Michel Piccoli (Maître George Feuvrier), Sylvie Vartan (Stéphane Feuvrier, l’épouse de George Feuvrier).
EXPLOITATION  
LOCALISATION DES ARCHIVES Le film est disponible en location VHS à la boutique Vidéosphère, 105 bd Saint-Michel Paris 5ème (www.videosphere.fr) et dans le catalogue des films CineCinéma Auteur. Les articles consacrés à ce film sont répertoriés et consultables à la Bibliothèque du film (Bifi), rue du Faubourg Saint-Antoine, Paris 11ème.
COPIE VHS / DVD Copie VHS éditée chez UGC vidéo. N’existe pas en DVD.
RESUME GENERAL

Stéphane Feuvrier, la femme d’un magistrat intègre, vient de tuer froidement son amant, Wadek Aslanian, un truand notoire, spécialisé dans la redistribution de ses butins aux plus défavorisés, un Robin des bois moderne en quelque sorte. Elle se dénonce aussitôt à la police en expliquant que son geste relevait de la pure légitime défense. Son mari, George Feuvrier et son jeune ami avocat, Paul Delorme, acceptent de tout faire pour lui épargner la prison. Chargé de la défendre, Paul Delorme mène alors son enquête et découvre la vraie personnalité de sa cliente, son passé sulfureux et son habileté redoutable à manipuler les plus hautes sphères du pouvoir judiciaire et médiatique. Petit à petit, son enquête confine à la quête obsessionnelle et amoureuse sous l’influence de laquelle Stéphane Feuvrier se verra contrainte de découvrir elle aussi la terrible vérité sur les aspirations intimes de son amant. Coupable au départ, la riche épouse finira victime de la fatalité, celle qui veut que la justice, apanage des puissants, révèle tôt ou tard ses sortilèges et ses simulacres jusqu’à la chute perverse de ses plus « dignes » représentants.   

IMAGES DE LA JUSTICE

Chez Jean-Claude Brisseau, l’individu est celui qui, en raison de son conditionnement social, culturel et moral, finit par ignorer à ses dépens la foncière précarité de son être et le caractère profondément tragique de son existence. Dans L’ange noir, le cinéaste dépeint l’univers de la justice, non pas sociologiquement, c’est-à-dire comme une institution structurée obéissant à des rites protocolaires et instrumentalisés, mais philosophiquement, sur la base d’une interrogation de la dignité humaine bafouée par l’éternel pouvoir des puissants corrompus. La justice n’est pas représentée pour ce qu’elle instruit mais pour ce qu’elle détruit en chacun de ses supposés serviteurs. Elle constitue ainsi le leurre majeur sur laquelle s’appuient cyniquement les riches détenteurs du jugement dernier au mépris de la morale. N’est-il pas dit dans le film que « le monde est fait de maîtres et d’esclaves » ? A travers l’enquête sublimée de l’avocat Maître Paul Delorme, Brisseau cherche moins à satisfaire la convention du genre selon laquelle l’intrigue doit tendre vers sa résolution (la fameuse clé de l’énigme) qu’à percer peu à peu la vérité de l’homme tapie derrière les apparences sociales et par conséquent trompeuses. Que dissimule l’habit de l’homme de loi ? Que refoule l’image médiatique, le vernis familial, la comédie de la classe bourgeoise ? Tout est alors affaire d’opposition entre plusieurs mises en scène : mise en scène du meurtre inaugural par la coupable elle-même, mise en scène de théâtre au tribunal fondée sur la tirade et la grandiloquence, mise en scène de cinéma enfin qui fonctionne selon un principe de contamination du mal entre tous les protagonistes. De cette interaction découle l’affrontement de deux types de loi ; la loi de la justice et la loi du désir, l’une servant l’autre jusqu’à l’atroce verdict du destin.

Fiche réalisée par David Vasse

 


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