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TITRE Accusée, levez-vous !
REALISATEUR Maurice Tourneur
ANNEE 1930
DUREE 90’
PRODUCTEUR Pathé-Natan
GENERIQUE Sc. et dial. : Jean-José Frappa d’après le roman de Mary Murillo,  avec Gaby Morlay (Gaby Delange), André Roanne (André Robert), Suzanne Delvé (Yvette Delys), Charles Vanel (Henri Capelle), Alexandre Mihalesco (Bonot), Camille Bert (l’avocat), André Dubosc (le président du tribunal), Georges Paulais (le procureur), Jean Dax (Larivière), Paul Franseschi (Ramberger), Guy Favières (un huissier).
EXPLOITATION  
LOCALISATION DES ARCHIVES  
COPIE VHS / DVD  
RESUME GENERAL Dans le cadre d’un grand music-hall parisien, Gaby Delange et son compagnon André présentent un numéro de lancer de couteaux. La vedette de la revue, Yvette Delys, ayant jeté son dévolu sur André, une scène véhémente oppose Gaby à sa rivale lors d’une répétition. Peu après, Yvette ayant été retrouvée assassinée dans sa loge, non loin du poignard de Gaby, cette dernière est accusée. Au procès, tout semble l’accabler mais l’enquête personnelle d’André permettra de faire venir à la barre l’ancien mari de la victime : par son témoignage, celui-ci oblige à s’enferrer dans ses mensonges le vrai coupable… C’est le concierge du théâtre, qui a tué pour voler l’argent de la recette.
IMAGES DE LA JUSTICE

C’est le premier film parlant réalisé par Maurice Tourneur, et interprété par Gaby Morlay. Le récit est donc conçu tout entier pour mettre en valeur la voix de l’actrice : protestations d’innocence, supplications, pleurs… C’est un vrai récital mélodramatique, dont la musicalité vaudra à cette comédienne de théâtre une popularité cinématographique immédiate. En même temps, cette révélation s’inscrit dans une curieuse structure en deux parties - qui fait du prétoire l’envers démystificateur du music-hall, le lieu où les masques tombent, où la parole se fait témoin d’une vérité. Bizarrement, le versant “théâtral“ de la narration est assez peu loquace ; en revanche, le déroulement de l’audience (qui occupe la moitié du film) donne lieu à une succession d’effets rhétoriques : cris déchirants de l’accusée, témoignage émouvant de son compagnon, joutes oratoires de l’avocat général et de l’avocat - qui en arrivera même, en reconstituant verbalement les circonstances exactes du crime, à transporter l’action dans la cour d’assises par le seul pouvoir de l’éloquence. On ne saurait plus nettement prendre le parti du film parlant, tout en l’associant à une recherche anxieuse de la vérité : dans cette période que traversent les scandales judiciaires et politiques, le procès cinématographique devient le lieu d’une “sur-théâtralité“, qui permet de rendre à la parole son intégrité et ses vertus de catharsis. Ce sont les débuts d’un cinéma de prétoire qui va connaître une grande vogue jusqu’aux années cinquante - et dont l’un des témoins, au cœur même du film, accuse déjà les poncifs avec ironie : il s’agit d’un vieux cabot de boulevard, évoquant ses souvenirs de mélo judiciaire comme pour renvoyer tous ces débats à leur petit théâtre originel.

Fiche réalisée par Noël Herpe


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