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TITRE Z
REALISATEUR

Costa-Gavras

ANNEE 1969
DUREE 1h50
PRODUCTEUR Reggane films (Paris), ONCIC (Alger), Prod. Délégués : Jacques Perrin, Hamed Rachedi. Prod. Associés : Eric Schlumberger, Philippe d’Argila
GENERIQUE

Scénario : Yves Montand (le député Z), Jean-Louis Trintignant (le juge d’instruction), François Périer (Procureur), Charles Denner (Manuel, avocat), Pierre Dux (le général), Julien Guiomar (le colonel), Jean-Pierre Miguel (l’avocat Pierre)

EXPLOITATION

2,7 millions de spectateurs

LOCALISATION DES ARCHIVES

 

COPIE VHS / DVD Fox
RESUME GENERAL

Dans un état sous le joug militaire, le chef de l’opposition pacifiste, le député Z, est assassiné lors d’une manifestation. L’attentat est maquillé en accident.  Tandis que le groupe a perdu son leader, ces membres sont traqués par des groupuscules extrémistes proches du pouvoir. Un juge d’instruction aidé par un journaliste (Jacques Perrin), passe outre les pressions politiques pour connaître la vérité sur la mort du député. Il conclut à la responsabilité directe des forces policières et militaires. Mais comme dans le fait authentique qui se déroula en Grèce le 22 Mai 1963, les accusés seront acquittés malgré les charges à leur encontre, les membres de l’organisation du docteur seront arrêtés ou disparaîtront dans des conditions étranges. Et le pouvoir militaire prendra le pouvoir.

IMAGES DE LA JUSTICE

Dans Z, la justice tient une place centrale. En effet, c’est à partir du personnage du juge que la structure dramatique est construite. Et ce, même si le contestable et le louche ont contaminé lappareil judiciaire. Pendant que le procureur est défini comme servile, carriériste et lâche, le ministre de la justice apparaît comme totalement soumis au pouvoir. Personnage aux décisions arbitraires, le ministre incarne la brutalité des pressions gouvernementales. Ainsi, à lannonce de la mort de Z, le procureur est préoccupé par linefficacité des forces de police dans le sens où elle peut être décisive pour lopinion publique. Avec un député battu à mort (Georges Peyroux) et un autre oscillant entre la vie et la mort (Z), le scandale peut éclater. Sa seule préoccupation est donc dans le maintien du pouvoir en place. En lien avec les forces fascistes, il tente détayer la thèse du “ banal accident de la circulation ”. Le procureur veut donc mener laffaire à terme rapidement, non dans un souci de recherche de la vérité mais dans celui des implications politiques graves qui peuvent en résulter. Situation qui permet au cinéaste de signifier au public les malversations gouvernementales dont il peut être victime. De plus, physiquement le procureur présente une analogie frappante avec Adolph Hitler : Brun, la raie sur le côté et la petite moustache caractéristique, tout y est pour que le spectateur comprenne bien dans quel “ camp ” se trouve le magistrat.

Après avoir été pris en charge par un personnage à la caractérisation claire, le public est happé par le doute quant aux convictions du magistrat. En effet, ce scepticisme, voulu par le cinéaste, tient dans la caractérisation du personnage marquée par un impératif dindécision. Lunettes noires, visage impénétrable et ton cassant le rapproche des militaires fascistes pendant quil est présenté comme lun des meilleurs magistrats du pays. Ainsi à travers ce personnage, Costa-Gavras met en place un long dispositif de leurre, de retardements et dimpasses.  “ Mais de quel côté est-il ?”, se demande le spectateur noyé sous une accumulation de signes contradictoires. Alors quil présente certaines analogies avec le docteur comme la gravité, le professionnalisme ou le courage et la solitude, il refuse de parler dassassinat et incite sèchement ses témoins à parler daccident. Mais il sait aussi se faire plus agréable et ce, essentiellement dans le but dobtenir des informations. Ainsi de part son ambivalence, le magistrat a le pouvoir dinquiéter ou de rassurer, daccroître ou dapaiser les tensions. Et cest dans la préoccupation dune véritable stratégie spectatorielle, que Costa-Gavras ne fait découvrir que tardivement au spectateur, la couleur politique du juge. Il met en place un processus dattente qui capte lattention du public. Sous le signe de la neutralité, le juge est alors lincarnation sans bavure dun pur idéal de justice. Et cest dans ce souci quil se méfie des témoignages communistes. Suspicion montrant sa droiture. Avec le magistrat, la morale juridique est sauve et grâce à elle la démocratie peut être restaurée. Dans sa longue quête, le magistrat solitaire découvrira la vérité et devra faire face à sa hiérarchie refusant quil dévoile ses trouvailles. Mais au lieu de le dissuader, les interventions extérieures renforceront ses convictions.

Enquêteur en robe noire, cest lui qui conduit le récit, alimentant la fiction de ses découvertes. Le  magistrat sengage dans un combat aux accents de David contre Goliath. Mais la quête de la vérité aboutira à leur mort. Pour avoir voulu défier le pouvoir en place, ils sera assassiné.  Personnage au destin tragique, condamné pour son entêtement et sa croyance dans une justice égale pour tous. Martyr des temps modernes, brûlé sur le bûcher de la vérité et de la justice, le destin du juge offre une fin pessimiste. Après avoir inculpé des militaires,  le régime en place finit par triompher. Ce que le spectateur apprend à travers ce personnage cest que dans un régime totalitaire ou corrompu, la vérité tue. Ainsi tous les moyens sont bons et excusables lorsquon recherche la vérité, semble dire Costa-Gavras. Il va même plus loin: pour affronter ses adversaires, le magistrat na comme seul choix que dadopter les mêmes armes. Face aux meurtres visant à éviter à déventuels témoins de parler, le magistrat répond par les menaces mais aussi par le mensonge. En prêchant le faux pour savoir le vrai, en mettant en avant la puissance de sa fonction et ses moyens de pression, il fait avancer lenquête. Malgré ses méthodes peu scrupuleuses, le spectateur adhère. En effet sa cause est présentée comme louable. La justice, incarnée par le juge, tient ici un rôle positif puisqu’elle permet la restauration d’une société démocratique.

Fiche réalisée par Myriam Gharbi

 


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