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TITRE |
Je suis
Pierre Rivière |
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REALISATEUR |
Christine Lipinska |
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ANNEE |
1975 |
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DUREE |
80 min |
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PRODUCTEUR |
Les
Films de l’Ecluse |
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GENERIQUE |
Scénario :
Christine Lipinska, Régis Hanrion
Interprètes :
Jacques Spiesser (Pierre Rivière), André Rouyer (Le
président), Francis Huster (L'avocat), Jean Bollery (le
substitut), Max Vialle (Lecomte), Thérèse Quentin (La mère),
Michel Robin (Le père), Mado Maurin (La grand-mère),
Isabelle Huppert (Aimée), Marianne Epin (Victoire), François
Dyrek (L'homme de la battue), Jean-Pierre Sentier (Le
journaliste), Roger Jacquet (Le bûcheron), Fred Ulysse (Le
maire), Patrick Floerscheim (Le curé). |
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EXPLOITATION |
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LOCALISATION DES
ARCHIVES |
Film : consulté à la BNF (côte VKR - 727) |
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COPIE VHS / DVD |
VHS :
Poker vidéo [éd] ; Carrère vidéo [distrib.], 1983 |
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RESUME GENERAL |
En 1835, un jeune paysan
normand, Pierre Rivière, est jugé pour parricide. Il a
assassiné à coups de serpe sa mère, sa soeur, et son jeune
frère. Puis est sorti tranquillement avec l'intention de se
dénoncer; mais, i1 a erré pendant un mois, se faisant
remarquer par ses excentricités. Finalement arrêté, il est
condamné à mort. Le roi commue sa peine en prison à
perpétuité. Certain que seule “ la mort immortalisera son
geste ”, il se pend dans sa cellule.
Le procès sert de fil
conducteur, interrompu par de longs flash-backs sur, d’une
part, l’errance de Pierre et son enfance à laquelle il
repense, et, d’autre part, les recherches de la police et
les réactions de la population locale. Le meurtre est vu
comme une hallucination. Le mémoire rédigé par Pierre dans
sa cellule, pièce majeure du dossier d’instruction, est lu
par extraits en voix-off lors des flash-backs sur l’enfance
et l’errance de Pierre.
Le film met en scène un personnage mystérieux aussi bien que
l’environnement social qui l’entoure et ne le comprend pas.
On suit les errements psychologiques de Pierre (doutes,
exaltations, envies de suicides... ) qui reflètent une
personnalité hors du commun. C’est lui qui a le dernier
mot : “ Vous n’avez rien compris. Je vous hais tous, je vous
méprise. |
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IMAGES DE LA
JUSTICE |
Le film ne s’intéresse, dans le système judiciaire, qu’au
procès de Pierre Rivière et montre de manière claire et directe
la controverse d’époque.
Le film s’ouvre avec le discours d’introduction du Président
du Tribunal : “ (...) Article 295, 296, 297 du code pénal,
homicide avec préméditation, parricide, messieurs les jurés,
l’article 463 du code pénal admet le principe des circonstances
atténuantes et depuis 1832 c’est une règle (...) je vous
communiquerai le mémoire du prévenu, primitivement réservé aux
experts, pendant vos délibérations. ”. Le procès est le fil
conducteur du film. Nous assistons à quelques extraits du
procès : les diagnostics des deux médecins, les témoignages d’un
voisin, du maire, d’un ami de Pierre, du curé, et enfin le
réquisitoire du procureur et la défense de l’avocat. La sentence
est lue en voix-off sur le plan large de la salle vide. Et le
film se conclut sur la convocation de Pierre par le Président
pour lui annoncer sa commutation de peine.
La différence de comportement devant la justice selon le
statut social est évident. Les deux médecins ont des discours
très construits. Le maire et le curé déclament aussi leurs
témoignages d’un ton péremptoire et n’hésitent pas à émettre leur
propre jugement. En revanche, les témoins paysans sont
visiblement intimidés et mal à l’aise. Ce qui n’empêche pas le
Président d’être très autoritaire avec eux : il les interrompt,
les dirige, les reprend. Il lance ainsi à un ami de Pierre qui
raconte leurs jeux d’enfance: “ ça rimait à quoi tout ça ? ” Et
le jeune paysan de se justifier : “ On f’sait pas d’mal, m’sieur ! ”.
On assiste enfin à deux “ morceaux de bravoure ”. Le
réquisitoire du procureur stigmatise les “ immondes lectures qui
salissent nos campagnes ” et parle de Pierre comme d’une “ bête
exaltée ”, d’une “ vermine criminelle ” à “ écraser ”. La défense
de l’avocat repose sur la folie présumée de Pierre et sur l’idée
que ce procès pourrait servir à faire modifier le système
judiciaire en instaurant une “ justice préventive ” qui
“ facilite les efforts conjugués du préfet et du médecin ” :
“ désormais nous enfermerons ces fous en puissance avant, pour
que jamais cela ne soit possible. ”.
Le film montre bien l’organisation concrète du procès. La
salle est petite, tous les acteurs y sont proches. Face au
Président, la barre des témoins, derrière elle, l’avocat et
l’assistance, à droite les jurés, à gauche l’accusé. On entend
dans toutes les scènes de procès le bruit de la plume des
greffiers. Pendant le témoignage du curé, un homme entre pour
remplir le poêle à charbon ; il fait beaucoup de bruit, les gens
sont distraits, mais le témoin poursuit en élevant la voix.
La dernière image de la justice est celle d’une institution
finalement impuissante. Le Président finit par craquer devant les
réactions et les silences mystérieux de Pierre : “ Dites quelque
chose, réagissez ! ”. |
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Fiche réalisée
par Julien Neutres |
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