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TITRE |
La
Poison |
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REALISATEUR |
Sacha
Guitry |
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ANNEE |
1951 |
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DUREE |
96’ |
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PRODUCTEUR |
Alain
Poiré et Paul Wagner (Gaumont) |
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GENERIQUE |
Sc. et
dial. : Sacha Guitry, avec Michel Simon (Paul Braconnier),
Jean Debucourt (Me Louis Aubanel), Jacques Varennes (le
procureur de la République), Pauline Carton (Mme Michon),
Jeanne Fusier-Gir (Mme Tiberghen), Germaine Reuver (Blandine
Braconnier), Henry Laverne (le président des assises), Léon
Walther (l’avocat général), Jacques de Féraudy (Jean Brun). |
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EXPLOITATION |
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LOCALISATION DES
ARCHIVES |
BnF
(département des arts du spectacle) |
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COPIE VHS / DVD |
VHS (Mémoire
du cinéma français/René Château) |
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RESUME GENERAL |
Désirant assassiner sa
femme, une alcoolique avec qui la vie conjugale est devenue
un enfer, l’horticulteur Paul Braconnier va d’abord voir un
célèbre avocat, Me Aubanel (dont il a entendu les opinions
paradoxales à la radio, à l’occasion de son centième
acquittement…). Celui-ci lui fournit sans le savoir toutes
les circonstances qui permettront d’atténuer son crime,
commis le soir même. Aubanel est furieux du subterfuge, mais
se voit contraint de défendre Braconnier - qui au reste se
défendra fort bien lui-même, plaidant la légitime défense et
la franchise de son acte, prenant à partie les habitants de
sa commune qui sont tous venus à l’audience… Il est
triomphalement acquitté. |
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IMAGES DE LA
JUSTICE |
Sacha Guitry s’est
évidemment souvenu de ses démêlés pas si lointains avec la
commission d’épuration, et de ses soixante jours de prison
(auxquels il fait une allusion malicieuse dans le
générique). Il renoue en même temps avec la veine
anarchisante et cynique qui fit l’originalité du Roman
d’un tricheur : plus que jamais (et plus radicalement
que dans aucun de ses films), il fait de la parole un
principe souverain, capable de se substituer à la loi et
même de générer à elle seule l’acte criminel… Braconnier
prémédite en effet la mort de sa femme en se dissimulant à
la lettre dans le discours de l’avocat, qui minimise
moralement puis techniquement son crime ; et par un
retournement savoureux, il se réapproprie ce discours pour
pousser ses juges dans leurs retranchements et dénoncer
l’hypocrisie de la casuistique judiciaire. Mais pour que
triomphe cet individualisme (qui emprunte même quelques
accents de poujadisme avant la lettre, lorsque Michel Simon
en appelle à son “public“ de villageois), il faut qu’il
rencontre précisément une parole fatiguée, prête à se
laisser défaire : celle de l’avocat dont l’éloquence tourne
à vide, pareille à celle d’un acteur qui jouerait toujours
la même pièce (quitte à vouloir changer d’emploi et défendre
pour une fois une victime, lorsqu’il commence à redouter
d’être pris au mot) ; celle du procureur, moraliste et
mondain ; celle du président du tribunal, facilement débordé
par la logique absurde et imparable de l’accusé. Et cette
dérision du jeu judiciaire est encore accentuée par les
petites saynètes que jouent les enfants, en marge du procès
de Braconnier : la question sémantique qui traverse tout le
film, celle de la définition d’un assassin (relativisée par
l’avocat mais appliquée sans pitié par la commère au mari
qui tue sa femme) se trouve ramenée à une pantomime qui
accuse le ridicule de ces débats… Le théâtre tout court a
triomphé du théâtre judiciaire, quitte à retourner contre
lui son propre langage. |
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Fiche réalisée par Noël
Herpe |
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